La voie « normale »

Il faut bien l’avouer, quand j’ai fait l’ascension du Mont Blanc, je manquais d’entrainement. Comme seule ascension récente, j’avais réalisé un 2000m, une semaine avant, avec un sac rempli de bouteilles d’eau. Mais je possédais une bonne force physique, un bon souffle et un mental d’acier.

Le Nid d’aigle (2372m)

En sortant du train au Nid d’Aigle, nous sommes devant cette grande dame blanche et je me dis : « Waouh ! La montée va être très longue… ». Après s’être équipé et avoir admiré la vue, nous nous lançons donc dans l’ascension pour le toit de l’Europe, mon père, un ami de mon père et moi. Le début se passe bien, tout le monde à la forme, et le moral est au plus haut. Nous remontons sur le glacier de Tête Rousse. Nous enchaînons ensuite les passages rocailleux, les pentes neigeuses et les chemins scabreux. Nous arrivons enfin au fameux Grand Couloir que l’on doit passer prudemment et surtout rapidement, du fait des nombreuses chutes de pierres qui causent des blessures chaque année. Reste encore une longue montée en crampons, sur une pente rocailleuse, pour arriver au refuge de Goûter. L’ascension étant réalisée en 2011, c’est bien sur l’ancien refuge dont je parle.

Le refuge du Goûter (3835m)

Nous faisons une halte au refuge, car la montée nous a bien épuisé. Au vu de l’heure et de la forme que nous avons, nous décidons quand même de continuer notre ascension jusqu’à l’abri Valot. Le temps se gâte, le brouillard apparaît et la lumière du Soleil se fait plus rare. Nous arrivons sur un plateau neigeux, il est temps de poser la tente. Nous sommes à environ deux heures de marche du refuge du Goûter et à une heure de l’abri Valot. Après avoir planté la tente, nous prenons un thé chaud et un rapide casse-croûte, puis nous nous préparons pour une nuit qui sera horrible. L’ami de mon père ressent les premiers symptômes du mal aiguë des montagnes, nausées, mal de tête, fatigue extrême, la nuit se passe difficilement pour lui. Quand à mon père, il est pris d’hypothermie à cause de son couchage qui fût trop léger. Réveil à 2h de la nuit pour voir notre état et décider de la suite. La décision est prise pour l’ami de mon père, il redescendra avec la première cordée qui passera. Quant à mon père et moi, nous décidons de continuer. Après une heure de marche, mon père ne s’étant toujours pas réchauffé, nous faisons une halte à l’abri Valot. Il y fera une sieste pour se réchauffer.

L’abri Valot (4362m)

A son réveil la forme est revenue, nous continuons la dernière ligne droite de l’ascension. Nous franchissons la Grande arête des Bosses, la Petite, puis l’arrête sommitale. Cette montée est interminable, chaque pas est une victoire, la fatigue et le manque d’oxygène se font vraiment ressentir. Les jambes ne suivent plus, c’est la volonté qui prend le relais, entièrement ! Les derniers mètres sont là, le Soleil se lève, la vue y est indescriptiblement magnifique. Ca y est, nous avons gagné le sommet.

Le sommet (4808m)

A ce moment-là, rien n’est plus haut, on a presque touché les étoiles. Nous sommes vidés mais heureux. Nous restons un petit quart d’heure au sommet, puis entamons la descente par le même chemin, avec le peu de forces qui nous reste.

La descente

La descente est monstrueusement difficile. Autant la volonté pour gravir un sommet peut vous donner des ailes, autant l’absence de volonté peut rendre une descente vraiment compliquée. Mais pas après pas nous descendons le chemin inverse jusqu’au refuge du Goûter. Notre ami est un peu déçu mais c’est la loi de la montagne, on la suit ou on y reste. Nous continuons la descente à trois jusqu’au Nid d‘Aigle pour reprendre le train, qui ne faut pas rater d’ailleurs, si on ne veut pas coucher une deuxième nuit là-haut.

Cette ascension, bien que peu préparée, restera dans ma mémoire comme un dépassement de soi-même. Il faut bien garder en tête que c’est de la haute montagne, et qu’il faut éviter de défier les lois sévères de la montagne.

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