Le Pic du Tenneverge se mérite, ce n’est pas une ascension très difficile mais il faut être vigilant à la montée, et surtout à la descente. Pentes glissantes, mauvais rochers, névés instables, gare à ne pas chuter ! Plutôt coté alpinisme que randonnée, n’oubliez pas votre matériel d’alpiniste: corde, piolet, casque et éventuellement les crampons.

L’approche

L’approche est longue et un peu laborieuse. Depuis le parking du barrage d’Emosson (1970m), il faut traverser ce barrage puis marcher le long de la route goudronnée sur environ deux kilomètres. A partir d’une épingle qui monte sur la gauche, prendre un sentier de randonnée sur la droite qui continue à longer le lac. Après environ trois quarts d’heure de marche, le sentier part sur la gauche, commence à monter, puis à redescendre puis à remonter. C’est assez frustrant, car après tout ce temps, notre altimètre reste assez stable.

L’Ascension

Sur ce sentier, on traverse deux ravines, le chemin est encore assez bien clair. La montée se fait sentir doucement, jusqu’à arriver au glacier de Finive. Ce glacier est assez stable. Les crampons ne sont généralement pas utiles. On doit remonter ce glacier en le traversant, pour atteindre un cairn assez imposant qui indique le sentier à suivre dans un dédale de roches pourries. Il peut y avoir une recherche d’itinéraire à cet endroit, car le cairn n’est pas bien visible. Nous avons perdu une bonne demi-heure à chercher le sentier. Ne pas oublier de bien monter assez haut sur le glacier.

On continue à prendre de l’altitude sur le sentier plus ou moins parsemé de cairns, jusqu’à arriver à un collet herbeux où l’on a une vue magnifique du barrage et de ses environs. On continue à grimper vers le col Vers l’Homme (2500m), pour ensuite suivre un sentier dans la pente, qui descend légèrement jusqu’à arriver au col du Tenneverge (2485m).

Ce col indique la frontière franco-suisse. Il est possible de redescendre sur Sixt-Fer-à-Cheval par le pas Noir, mais ce chemin est fortement déconseillé car extrêmement exposé. A partir de ce point, on attaque à proprement parler, l’ascension du Tenneverge qui se situe en face. On monte donc dans les pentes de pierres pas stables du tout et assez raides pour arriver après une petite heure de marche à un replat à environ 2650m. D’ici on aperçoit la vire à traverser. C’est là qu’il faut nous rendre. C’est le passage délicat de l’ascension. Pour notre part nous avons préféré monter un maximum jusqu’à la partie de la vire la plus haute. Nous nous sommes quand même encordés puis l’avons traversé en corde tendue. Le vide peut impressionner !

Une fois sorti, on continue à monter dans le pierrier jusqu’à environ 2800m pour atteindre une cheminée à escalader. On a besoin de ses quatre membres pour ce passage même si le rocher est plutôt bon. On continue l’ascension sur les dalles caillouteuses et instables. Les pentes sont également bien raides, gare à la chute qui serait fatale. La dernière partie est plus facile et moins raide, bien que l’on ait l’impression d’avancer dans du gravier profond.

La vue du sommet est exceptionnelle. Le massif Mont-Blanc, le lac de la Vogealle, Sixt, la Suisse, le panorama est complet.

La descente

La descente se fait par le même sentier. Celle-ci est encore plus dure que la montée. L’exposition de la pente et le mauvais rocher n’arrangent pas la chose. Soyez très vigilant et n’hésitez pas à vous encorder au maximum, voir à utiliser votre piolet. Une fois arriver au col du Tenneverge, vous êtes tiré d’affaire, vous pouvez relâcher votre vigilance d’un cran.

  • durée : montée environ 5h, descente 4h
  • altitude max : 2989m
  • dénivelé : 1100m
  • difficulté : Alpinisme AD
  • mois : Septembre

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