Se rendre dans l’Oural polaire est déjà une aventure à part entière. Lieu isolé et éloigné de la civilisation moderne, il faut parcourir plus de deux mille kilomètres en train pour s’y rendre, et Dieu sait, que deux mille kilomètres en train russe à vapeur, c’est long !

Depuis la gare Yaroslavsky à Moscou il faut chercher le train Moscou-Labytnangi. En saison estivale, il y a des départs quasiment tous les jours. Il ne reste plus qu’à acheter le billet. Evidemment personne ne parle anglais au guichet, donc il faut soit acheter un billet par internet, soit s’armer de patience et tenter de se faire comprendre. Nous avons tenté les deux (en ligne à l’aller, guichet au retour). La version au guichet coûte quand même vraiment moins cher (environ une cinquantaine d’euros pour le trajet complet, contre quatre-vingt trois sur internet). Ensuite il faut choisir la classe, Kuppe ou Plakart, Kuppe étant la version quatre personnes par cabine, Plakart la version freestyle ! Nous avons fait les deux (Kuppe à l’aller et Plakart au retour) ! Attention tous les horaires de train de toute la Russie sont exprimés en heure de Moscou, bon à savoir…

Nous voilà donc partis pour environ quarante trois heures de train, les paysages sont magnifiques mais assez monotones. Je trouve que les longs voyages en train laissent place à la rêverie, à la réflexion, et permettent au temps de s’imposer et de se placer comme un avantage et non une contrainte, contrairement à l’avion. Malgré le confort spartiate, les odeurs de nourriture grasse, le manque d’hygiène certain, le voyage se déroule paisiblement. Les russes nous dévisagent et parient en douce sur notre nationalité, très vite le dialogue s’instaure, les visages se décrispent et on voit de plus en plus de sourires sur les visages. En deux jours, on apprend à connaître les gens, on partage leur repas, on fait partit d’un morceau de leur vie.

Eletskaya, notre arrêt, approche, tous nous voient armés de gros sac à dos, ils sourient mais se demandent pourquoi nous allons risquer notre vie alors que la vie est déjà tellement risquée. Eletskaya est là, c’est un arrêt de vingt minutes, beaucoup de personnes descendent pour prendre l’air, fumer une cigarette, mais une fois les vingt minutes passées, tout le monde remonte… sauf nous.

Ca y est, la vraie aventure peut commencer… Cinq cent mètres plus loin, nous sommes devant la rivière Elets que nous devons traverser, mais les choses ne se passent pas comme prévu. En effet, cette rivière qui devait être peu profonde suivant les informations que nous avions recueillies, se voit être vraiment profonde avec un débit considérable. De plus les sommets de l’Oural sont enneigés. C’est sûr, la saison des pluies a commencé, et ça va nous compliquer le trip !

 

6 réponses à “Premiers pas dans l’Oural polaire

  1. Vous avez bien fait! Ne craint pas le froid et la pluie!
    Le petit amendement. Correct: c’était la gare de Yaroslavsky. Vous êtes allé au soi-disant carré de trois gare. La-bas il y a simultanément trois gare – Yaroslavl gare, Kazan gare et Leningrad gare. Kazan – la direction orientale, Leningrad – l’ouest, Yaroslavl – le nord. Tout est simple) Généralement à Moscou, 9 gare.

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